
La première gare de chemin de fer |
19ème édition
des Journées du Patrimoine
Patrimoine et transports à Rambouillet
La gare de chemin de fer

A l'aube des années 1840, Rambouillet figure au nombre des
principaux marchés concourrant à l'approvisionnement
de la capitale, mais les Rambolitains s'inquiètent d'être
privés des moyens de transports rapides et économiques
dont les autres sont dotés.
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| Corbeil, Etampes et Saint-Germain ont
leur chemin de fer, Pontoise est bientôt desservie, Meaux jouit
depuis longtemps des facilités de son canal et de ses bateaux
poste. Sans le rail, c'est à terme la ruine promise du commerce
et de l'industrie locale, et la route royale n 10 que la municipalité
souhaiterait associer aux flux du réseau ferroviaire pourrait
bien voir disparaître les diligences. |
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Le chantier de la ligne Versailles-Chartres
ouvre en 1844, et le rapport ayant pour objet (
) de fixer
les stations à établir sur la 1ère section
du chemin de fer de Paris à Rennes, dans l'arrondissement
de Rambouillet, est validé par la préfecture le 20
février 1847 : " Deux emplacements étaient possibles
pour la station de Rambouillet, l'un près de la route départementale
n 8, l'autre au point de rencontre de la route royale (
) 191.
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On a donné la préférence au 1er emplacement
parce que la station en cet endroit peut être placée
au niveau du sol naturel ; qu'il existe un grand nombre de chemins
qui y aboutissent, et qu'enfin dans cette position, elle est moins
éloignée du faubourg de Groussay, auquel on peut arriver
facilement par les derrières de la ville. D'ailleurs la rue
de la Garenne donnera un accès direct à la station
pour tous les voyageurs qui viendront du côté d'Ablis
par la route royale (
) 191.
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Enfin, un dernier motif qui a fait préférer la position
près de la route départementale n 8 à celle
sur la route royale (
) 191, c'est que sur cette dernière
route, on n'aurait pu avoir qu'une station en déblai ou en
remblai d'un abord fort difficile aux voitures, tandis qu'il importe
de ménager pour les marchandises un accès convenable
à Rambouillet, où il y aura nécessairement
des chargements de grains et de farines (2) ".
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Construit avant 1849 pour le chemin de fer, comme ceux de la rue
Lenotre et de la rue d'Arbouville auxquels il s'apparente par son
appareillage en meulière, le pont Hardi témoigne d'une
certaine hardiesse dans sa conception architecturale, d'où
son nom. Collection Daniel Grignon.
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Le 12 juillet 1849, la Compagnie
des chemins de fer de l'Ouest ouvre la ligne au public. La gare, qui
a la particularité d'abriter un salon présidentiel,
accueille sous la Troisième République les hommes politiques
du pays, venus au château dès les beaux jours pour le
conseil des ministres.
Les visites en grande pompe des souverains étrangers (le roi
de Grèce en 1896, le roi de Serbie en 1897, le roi d'Italie
en 1904, le roi d'Espagne en 1906, le roi de Suède et l'empereur
du Siam en 1908, etc
) suscitent la curiosité des citadins
et mobilisent la garde républicaine, conférant à
cette station du rail un panache tout officiel.
Le chemin de fer, tout en accélérant l'urbanisation
du bourg, rend possibles de nouveaux loisirs. |
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Les parisiens investissent les trains de plaisir et se divertissent
au grand air. Pour la fête du Muguet le 18 mai 1913, il est
prévu d'accueillir en fanfare l'arrivée du train de
8h47. Dès 1883, le maire de Rambouillet fait " signer
par les habitants (
) une pétition tendant à
obtenir de la Compagnie de l'Ouest un train dit de théâtre
partant soit de la gare Montparnasse, soit de la gare Saint-Lazare,
tous les soirs à minuit et demi (3) ".
La première station de chemin de fer disparaît dans
le bombardement américain du 12 août 1944 qui tue aussi
monsieur Prud'homme, chef de gare. Un baraquement provisoire s'éternise
jusqu'à la construction en 1956 de la gare actuelle, inaugurée
par René Coty.
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Le déraillement du Paris-Angers à Rambouillet. Collection
Daniel Grignon.
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Le déraillement à Rambouillet du rapide Paris-Angers.
L'Indépendant du 6 janvier 1911 relate l'accident : "
Ce matin, vers onze heures, le rapide Paris-Angers a déraillé
à la hauteur du pont neuf, petit pont de bois qui fait franchir
la voie ferrée au chemin de l'Etang Neuf au Pâtis.
Pendant deux cents mètres la locomotive et le convoi ont
bouleversé la voie, fort heureusement sans sortir du remblai,
ce qui eut certainement aggravé l'accident, car les bois
riverains sont en fort contrebas. La locomotive et le tender sont
restés debout au milieu de la ligne, mais un peu plus loin,
un wagon-restaurant, un wagon de 1ère classe, sont presque
complètement couchés, tandis que les wagons suivants
sont plus ou moins endommagés. On ne peut se figurer à
quel point les rails de la ligne descendante comme de la ligne montante
sont ravagés, les traverses elles-mêmes sont sens dessus
dessous. Fort heureusement, grâce au
parcours de deux cents mètres qui a rempli l'office de freinage,
les voyageurs, peu nombreux, n'ont été que légèrement
contusionnés. Une quinzaine de blessés se sont faits
connaître et ont reçu les soins des docteurs Villeneuve
et Humbert (
). Toute la journée, malgré le froid,
les Rambolitains ont été contempler le déraillement.
Les photographes et journalistes ont pu opérer à l'aise,
l'accès de la voie étant facile par le passage à
niveau de Grange Colombe ".
(1) Extrait du registre des délibérations
du conseil municipal du 1er
septembre 1841, séance extraordinaire. Archives municipales
de Rambouillet, série O II 223.
(2) Archives municipales de Rambouillet, série O II 223.
(3) Lettre de Lambert, maire de Rambouillet, au maire du Perray,
12 février 1883. Archives municipales de Rambouillet, série
O II 223.
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Fiche réalisée à l'occasion de la 19ème
édition des Journées du Patrimoine, sous l'égide
de la direction du développement culturel de la ville de
Rambouillet.
Directeur de la publication : Jocelyne Bernard, Directeur
du livre et des archives.
Conception et réalisation : Thierry Liot, Chargé
de mission à la direction du développement culturel.
Tous droits réservés, Direction du développement
culturel et Direction du livre et des archives.
Clichés photographiques sans mention particulière
: Collections des archives municipales de Rambouillet (clichés
Thierry Liot)
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